lundi 10 février 2014

41 - Lima et le trek santa cruz - un peu de ville immense puis beaucoup de montagnes géantes

Enchaîner 2 jours de rando avec 24h de bus, ok c'est vrai c'est un peu con... mais alors les péruviens, leurs gamins en très bas âge (on se demande qu'est ce que font toutes ces femmes avec leur nouveau né dans un bus de nuit...) et leurs mouflets capricieux ne facilitent pas la chose.

-La grande ville:
Nous arrivons donc effectivement fracassés à Lima. Qui plus est, le bus nous dépose dans un terminal privé on ne sait où... nous avons pu nous rendre compte de l'immensité de la ville lors de l'arrivée qui n'en finissait pas, nous choisissons d'aller dans le quartier défini dans le lonely Planet comme le quartier privilégié des touristes, Miraflores, et d'y chercher un logement sur place. Au bout de 4 tentatives nous parvenons à trouver un taxi qui veut bien y aller et pour un prix pas trop déconnant (ça reste cher toutefois...). La faim nous empêchant de réfléchir, nous commençons par un sandwich en terrasse avec wifi (très bon mais probablement le plus cher depuis le début du voyage). Les prix affichés dans le quartier sur les sites nous paraissent ahurissants... du coup nous décidons d'aller faire le tour et d'avoir les prix en direct. Julie garde la bagagerie et Julien part en repérage avec la carte du quartier en main. Il revient 1h plus tard après avoir visité une bonne demie douzaine d'hostels: tout est full ou hors de prix, le seul truc envisageable est 2 lits en dortoir pour 30 soles chacun (7,5€ hostel dragonfly). Soit on se casse de ce quartier à gringos, soit on se pose en dortoir... les prix élevés, le faible nombre de choses à faire attirant notre attention dans le guide et notre intérêt décroissant pour les grandes villes dans ce voyage finissent de nous convaincre: Lima ça va être court et efficace, nous allons donc faire simple en allant à l'hostel trouvé.
Une fois douché et un peu reposés, notre estomac nous rappelle la petitesse du sandwich du midi et comme Lima est réputé pour la qualité de sa cuisine internationale, nous choisissons d'aller manger japonais! C'est très bon même si c'est bien plus cher que nos japonais parisiens, mais c'est aussi un peu différent (ils mettent du Finlandia dans les makis par exemple). Nous ne trainons pas trop et filons vite dans notre dortoir (merci les bouchons d'oreille et le cache yeux).

Le lendemain le programme est chargé: faire un tour en ville et organiser notre départ, déjà! Mais ça n'est pas si simple, la prochaine étape prévue est un trek à moyenne distance de Lima... et comme il est hors de question de prendre un guide, il faut se débrouiller tous seuls pour tout (transports, location de matos, bouffe pour 3j...): nous passons donc la matinée à cogiter tout ça pendant que le staff de l'hostel glande et s'amuse. A midi nous partons, nous avons défini un trajet alliant balade et efficacité... nous trouvons après un peu de déambulation une entreprise allant là où nous voulons dans les horaires qui nous conviennent (jamais simple ici, pas vraiment de terminal central regroupant toutes les entreprises...) et apprécions gentiment la beauté du mini "centre ville historique". De retour à l'hostel nous découvrons avec stupéfaction que nos affaires ont été déplacées, nos lits changés... ils nous ont viré ces cons! Ils nous expliquent que ne sachant pas que nous restions, ils avaient des réservations... du coup il n'y a plus de place, la blague! Nous expliquons au mec de l'accueil que ça n'est pas une façon de se comporter et que rien n'empêchait la fille du matin de nous poser la question vu que nous sommes restés jusqu'à tard. Là il accuse un peu le coup et nous annonce qu'il a tout de même une chambre double libre: "au même prix que le dortoir ça sera parfait pour nous!". Il accepte immédiatement en ronchonnant toutefois contre sa collègue du matin et en prévenant le chef... cool, nous on est encore mieux que la veille! Un peu plus tard dans la soirée le patron, un français, vient s'excuser pour cet incident et s'assurer que nous sommes bien, c'est pro et sympa. Du coup on recommande dans ce quartier le dragonfly avec sa terrasse bien confortable et son patron visible et soucieux du bien être de ses clients (ça au Pérou ça n'est pas souvent... on se sent plus souvent comme une vache à lait). Puisque nous profitons de la qualité des fruits achetés une misère au marché pour faire une salade citronnée délicieuse, voilà un bon côté de Lima!

Après une journée glandouille, nous faisons un petit tour sur la plage proche (d'où tous les surfers qui traînent ici) puis allons tuer le temps sur notre terrasse préférée, en attendant l'heure d'aller prendre notre nouveau bus de nuit! Il faut croire que nous ne pouvons plus nous passer de dormir assis à côté des enfants qui braillent...

-Le trek:
Au petit matin nous débarquons à Caraz, refusons toutes les propositions de moto taxi à 3 roues (qui ne veulent pas nous indiquer le chemin...) et partons à pieds chercher notre hôtel... quelques minutes plus tard, nous posons nos sacs dans une chambre bien sommaire et dormons immédiatement... nous ouvrons l'oeil vers midi, prenons une douche et partons louer le matériel qui nous manque pour la randonnée Santa Cruz: le mec de chez Pony est très sympa et il connaît bien son travail, il répond à nos questions et nous briefe en quelques minutes. Nous partons de chez lui avec notre matériel et en sachant comment vont se dérouler les 3 jours à venir... cool: allons déjeuner pour fêter ça! Un menu à 7 soles dans un bon resto et avec une salle sympa pour changer, ça fait plaisir. Nous allons ensuite acheter nos billets de bus pour la prochaine destination dans 3 jours puis de la nourriture au marché. Il est 15h, nous sommes déjà de retour dans notre chambre et il ne nous reste plus qu'à préparer nos sacs et préparer une grosse sauce tomate pour la randonnée: facile! Nous sommes bien rodés pour préparer aux grosses rando désormais! Les sacs sont bouclés et sont bien plus légers que pour le Torres del Paine, on a bien optimisé. La sauce tomate est longue à préparer, avec un réchaud loué un peu faiblard... mais il est temps d'aller dîner dans notre cantine avec un bon poisson repéré à la carte ce midi. En dessert nous partageons un superbe gâteau au chocolat, nos papilles profitent, ça faisait longtemps qu'elles n'avaient pas vu passer de bon chocolat (c'est décidé, on reviendra goûter ce gâteau au retour de la randonnée).

Cette randonnée est un peu un challenge, pour la première fois nous allons faire un peu d'activité sportive en altitude, en 3 jours 45 kilomètres avec un sommet qui culmine à 4700 mètres.
Le premier jour, samedi, réveil à 5h30, petit déjeuner très rico avec des oeufs au réchaud cuisinés dans un petit coin de notre chambre. Et c'est parti, nous attrapons à la volée un premier combi direction Yungay, la ville voisine. 15 min plus tard nous sautons dans un deuxième combi pour 3 heures de route escarpée cette fois en direction de Vaqueria, le point de départ de la randonnée, ou d'arrivée pour ceux qui la font dans l'autre sens). À 11h notre chauffeur nous pose sur un bord de route dans un hameau et nous indique un chemin: le trek santa cruz commence là! Sous la pluie, nous commençons à marcher entre les maisons et les champs puis quand la pluie s'intensifie, nous profitons d'un abris de fortune pour déjeuner, pile le temps pour que la pluie se calme. Nous reprenons donc notre chemin, rentrons dans une vallée et traversons de grandes prairies bien vertes. Nous y croisons des vaches, des mules et des chevaux, nos seuls compagnons de route en définitive, les touristes se font bien rares et tant mieux!
Vers 15h nous arrivons au premier campement, surtout visible par un panneau car à vrai dire, nous ne l'aurions pas remarqué sinon. Effectivement nous sommes loin des campements du torres del Paine: refuge proche en dur, sanitaires ou toilettes sèches, salle pour faire à manger... ici juste un panneau qui donne le nom du camp et des toilettes (2 murs, un trou, pas de porte...) et personne à l'horizon, enfin si, des mules...
Le soleil est là pour nous accueillir et le camp offre une belle vue sur un glacier. Nous faisons le tour pour choisir l'emplacement stratégique (on a le choix) et bingo nous trouvons un coin un peu en pente mais pas trop humide. Plantons la tente! Il est tôt et nous profitons du soleil... puis 3 mules passent chargées avec un homme qui nous prévient que son groupe arrive et qu'ils dormiront un peu plus haut... OK. Le groupe plutôt jeune arrive avec le guide, ils nous saluent à peine (bizarre les randonneurs sont cordiaux en général) et continuent leur chemin comme prévu... on se demande aussi pour quoi des gens si jeunes ont besoin d'un guide et de mules...y a t'il vraiment besoin de tout ça pour faire cette randonnée?
Plus tard, 3 jeunes américains au look étrange mais aux allures de randonneurs aguerris viennent planter leur tente non loin de nous... et voilà ce sont les seules personnes que nous croiserons dans toute la randonnée.
Nous préparons notre repas non sans difficultés... le réchaud galère et comme nous sommes en altitude, l'eau boue à température plus basse ce qui ralentit énormément la cuisson... la nuit tombe et le froid s'installe, nous mangeons enfin nos pâtes bolo, pressés d'aller au lit!

Après une nuit silencieuse, pluvieuse et sans vraiment dormir (un peu froid, tapis de sol toujours aussi fin, humidité...), nous préparons notre petit déjeuner dans une surprenante douceur matinale. Une fois terminé, nous plions le campement vite fait bien fait et c'est reparti, on grimpe! Aujourd'hui nous devons passer le col qui est à 4700m, excusez du peu! Nous ne savons pas ce que ça vous inspire, mais nous ça nous met un peu la pression. Le dénivelé est important sur la journée (plus de 1000m en gros) mais on l'a déjà fait plusieurs fois. En revanche, faire cette performance au dessus de 3500m (plus haut que les sommets de toutes les stations de ski alpines) on n'a jamais fait... qui sait comment notre organisme va réagir au manque d'oxygène!? La réponse va vite se faire savoir, alors qu'en respirant fort Julien parvient à s'en tirer pas mal, Julie a le souffle court et les jambes coupées dès 4000m... nous faisons des pauses régulières en observant l'évolution de la météo, ce qui permet de retrouver un peu d'air et d'apprécier le paysage qui se découvre lentement. Nous progressons et atteignons les 4400m, à partir de là les pauses n'y font plus rien... Julie ne se sent pas bien et chaque mètre parcouru devient un supplice, seule la redescente pourra résoudre le problème! Nous avons donc 2 options maintenant, soit monter les 300 derniers mètres et redescendre de l'autre côté, soit renoncer et faire demi tour. Avant d'envisager sérieusement l'abandon, Julien décide de faire la montée avec les 2 sacs afin de libérer Julie du poids. Mais pendant qu'il fait la mule, Julie peine encore à avancer avec la sensation désagréable de respirer à fond et de rester essoufflée. Le dernier zig zag menant au sommet du col se présente enfin, mais c'est un véritable calvaire de l'atteindre. Nous sommes à 2 doigts de renoncer mais nous sommes tellement prêts du but... courageusement Julie parvient à monter, mais c'est vraiment limite: elle voit à plusieurs reprises des étoiles et les genoux font clac clac... ça y est nous y sommes! Après le temps nécessaire pour retrouver un peu son souffle et se remettre de la frayeur, nous faisons les quelques mètres nous faisant découvrir notre cadeau: un panorama d'une rare splendeur! Hauts sommets enneigés, grand glacier, falaise et lac turquoise... dans le top 10 des beaux paysages de ce voyage (voir top 5 après discussions), ce n'est pas peu dire! pffff ça valait la peine!!!
Nous ne trainons pas trop et attaquons la descente. Quelques mètres plus bas Julie reprend enfin son souffle et ses jambes, presque inespéré. Après une pause déjeuner efficace nous fonçons car nous avons encore des bornes à faire si nous voulons coller à l'objectif du jour. Cette journée semble interminable, un peu comme cette descente... au loin nous apercevons une zone de sable qui contraste dans ce paysage. Nous nous rappelons les explications du loueur de matériel et du Lonely Planet: une avalanche a causé un effondrement et le déversement d'un lac entier dans la vallée, entraînant de gros dégâts... des pans entiers de montagne ont été arrachés par les eaux déferlantes. De la verte prairie il ne reste plus qu'une mer de sable, un paysage un peu lunaire et une nouvelle illustration de la puissance de la pachamama ;)
Il nous faut donc encore traverser tout ça et si le timing est encore bon (=avant la nuit) et que les jambes retrouvées sont toujours là, nous allons pouvoir atteindre le dernier camping faisable sur la journée et ainsi atteindre l'objectif: faire 2j en 1 et n'avoir qu'une petite rando le lendemain. Nous mettons le bleu de chauffe, il faut désormais enquiller du km. Les jambes et les épaules grincent mais nous sommes dans les temps après 3h de marche rapide... à 18h nous déposons les sacs, la délivrance après 10h de rando chargés, en altitude et beaucoup de dénivelés. Nous sommes à 30 minutes du camping ciblé mais nous n'avons plus le temps (il va faire nuit très vite) ni l'énergie nécessaires. Mais c'est pas bien grave, nous sommes fiers de nous, le challenge est réussi! Bien rodés, Julien se met directement aux fourneaux tandis que Julie met en place le campement. Nous avons un abris cuisine sans vent, presque un salon ;) C'est là que nous nous installons pour manger tout en regardant des séries sur la tablette.

Après une nuit un peu fraîche et un couchage toujours peu confortable, c'est reparti pour les dernières heures de cette interminable descente. Il faut dire que nous avons décidé de faire la randonnée dans ce sens pour avoir moins d'ascension, mais du coup ça fait beaucoup de descente! Après 3 dernières heures de marche, nous sommes à l'arrivée. Là un mec nous propose de nous ramener à Caraz pour 60 soles, mais nous savons que le prix normal est 25... non non nous ne monterons pas dans sa voiture à ce prix là. Alors que nous nous dirigeons vers le parking sa maman vient le récupérer en râlant, a priori elle l'attend depuis un moment pour partir. OK 40 soles dernier prix dit-il, nous c'est 30 ou alors on part trouver quelqu'un d'autre... OK banco, il nous embarque ;)
De retour en ville, nous allons directement déjeuner dans notre cantine qui à la fin de notre repas se fait envahir par 30 nanas qui nous empêchent de commander notre gâteau au chocolat en dessert. Qu'à cela ne tienne, nous reviendrons plus tard... nous rendons le matériel et quand on regarde l'heure on se dit que l'après midi va être longue sans logement en attendant le bus à 20h.
Nous allons à l'hôtel pour demander si nous pouvons prendre une douche, récupérer et refaire nos sacs. Quand on lui demande où on peut s'installer il voit déjà le topo (tout notre bordel étalé dans le patio) et décide tout simplement de nous donner une chambre pour l'après midi sans supplément, génial!
La fin de journée arrive vite finalement, une douche puis une sieste, ensuite nous trouvons un accès internet gratuit sur la place centrale puis passons acheter NOTRE part de gâteau au chocolat et un dîner à emporter avant d'aller au terminal.

Encore une nuit dans un bus... après 2 nuits en tente nous sommes presque contents... mais c'est sans compter sur les 5 enfants de moins de 6 ans qui encerclent nos sièges, un véritable traquenard! Tant pis, encore un peu de galère mais nous sommes surtout impatients d'arriver à notre prochaine destination, Huan Chaco, on y a prévu de vraies vacances! ;)

Julie(n)
Les photos



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