On n'y pense pas quand on imagine les paysages du Pérou, mais il y a une grande partie du pays qui est recouverte de jungle amazonienne! Nous avons décidé depuis déjà longtemps que nous ferions dans ce voyage un petit tour en jungle
, mais le choix du lieu a été assez fastidieux...
-Rurrenabaque en Bolivie tout d'abord a attiré notre attention, mais quelques facteurs nous en ont dissuadé (aller retour depuis la paz long et pas efficace dans notre périple, assez cher, a priori pris d'assaut par les groupes de sales gosses israéliens...).
-Manu à proximité de Cuzco semble tenu par les même agences véreuses que celle que nous avons côtoyée... difficile a priori de s'y rendre par ses propres moyens et les prix des logements trouvés sont totalement indécents. Il semblerait qu'il y ait là beaucoup de faune, mais nos mésaventures touristiques à Cuzco nous en ont découragé. A faire probablement en se rendant à l'arrache en bus au dernier point accessible et trouver sur place un guide
-Iquitos et Lagunas: au nord ouest du Pérou, Iquitos est la capitale régionale au milieu de la jungle, la plus grande ville au monde non accessible par la route. Aux alentours, des lodges ont été construites en forêt, assez chères sans bon plan trouvé. En chemin (en fleuve plus exactement) on passe par Lagunas qui jouxte le parc pacaya, d'où on peut directement trouver un guide sans passer par une agence. Le trajet se fait en bateau depuis Yurimaguas ou en avion depuis Lima ou Tarapoto.
Ce dernier "recoin" a eu notre préférence, pour la curiosité suscitée par cette ville inaccessible, pour la souplesse en terme d'organisation qu'il nous laisse et enfin pour le long voyage en bateau dans des hamacs qui nous semble rigolo (on est devenus un peu maso!). Il y a encore plein d'autres endroits pour aller en jungle, le pantanal à l'est de la Bolivie et au Brésil, en équateur... peut être plus tard quand nous voudrons devenir des experts en jungles ;)
Nous prenons donc un bus de nuit, encore un, pour Tarapoto. Nous irons prendre ensuite un bateau pour aller nous enfoncer dans la jungle en direction d'Iquitos. Nous reviendrons à Tarapoto en avion pour gagner du temps et filer directement en Équateur. Nous avons déjà nos billets d'avion, du coup nous en profitons pour chercher un hôtel qui veut bien nous réserver une chambre pour dans 10j et garder une bonne partie de nos affaires (on ne sait pas trop dans quelles conditions nous allons être, ça serait dommage que tout prenne l'eau). A la descente du bus, nous ne sommes évidemment pas très frais mais suffisamment réveillés pour inonder de questions un chauffeur de moto taxi... nous partons donc en sa compagnie pour acheter le billet de bus nous amenant vers la frontière avec l'équateur dans 10j et pour trouver l'hôtel qui va bien. La 2e tentative est la bonne, nous préparons un sac light pour 10j et laissons tout le reste délicatement rangé sous un escalier derrière le comptoir de la réception. Ils ont un peu de mal à comprendre notre démarche mais au final en payant la chambre d'avance, c'est plus clair pour eux ;)
Une fois que nous sommes prêts, nous filons à pieds pour prendre un combi en direction de Yurimaguas, le point de départ des bateaux. Après avoir demandé une bonne dizaine de fois, nous parvenons à trouver une constante dans les réponses... et trouvons enfin le "terminal". Comme il faut bien avoir de la réussite de temps en temps, le combi nous attendait presque. Nous montons et c'est parti! Nous sommes arrivés à 9h, il est 10h30... quelle efficacité!
2h de van plus tard, nous arrivons à Yurimaguas. C'est la foire à la descente, plusieurs chauffeurs de moto taxi nous sautent littéralement dessus. Il y en a un qui s'annonce comme ancien guide et qui nous donne quelques informations utiles, Wilson est donc le grand gagnant de la partie, nous montons dans son carrosse à 3 roues! En chemin il nous apprend qu'il n'y a plus de bateau aujourd'hui et nous recommande donc un hôtel, nous l'écoutons et nous y trouvons une chambre avec climatisation pas chère, un vrai confort dans cette ville ultra humide. Le changement de climat et de paysage en une nuit de bus est stupéfiant. Nous sommes partis de la côte ensoleillée, passés par des cols andins très hauts dans la nuit et redescendus dans une jungle dense, humide et pluvieuse.
Nous sommes affamés, Winston nous accompagne à pieds... OK Winston veut nous vendre quelque chose, c'est certain... mais avant il veut que nous soyons bien nourris et détendus. Il a bien raison, on mord sinon! ;) De retour à l'hôtel il nous expose son expédition, baisse son prix à la journée de 10 soles après négociation (130 à 120, soit 30€ environ) et il nous propose le plus ancien guide de Lagunas, Klever 64 ans dont 37 comme guide, pour une excursion aux abords du parc mais sans payer le forfait quotidien d'entrée... Winston n'est pas très clair sur les conditions de "logement", nous comprenons bien que ça va être roots... mais c'est dans nos prix (les lodges à Iquitos sont à minimum 80€/j), on aime bien les papis guide et puis une aventure en forêt ça se fait à l'ancienne, banco ça part de là!
C'est donc décidé, pas d'excursion du côté d'Iquitos que nous soupçonnés être bien trop cher et touristique. Winston nous prête même un hamac pour le bateau du lendemain matin (il n'y a pas de sièges): avec celui que Johanna nous a donné, c'est parfait! Nous ne prenons pas la peine d'aller voir d'autres excursions et décidons aussi de profiter du plan efficace, en allant trouver un guide directement à Lagunas, on perdrait encore 1j... pour une économie probablement faible. Et puis au moins là nous n'avons plus qu'à aller nous reposer jusqu'au lendemain. Nous dînons dans un petit boui boui sympa qui brille par son délicieux lait mangue en guise de dessert puis, les papilles émoustillées, nous allons nous coucher dans notre chambre toute sèche et fraîche ;)
Nous nous levons un peu plus tôt que nécessaire pour prendre notre bateau de 8h30 afin de nous rendre au marché et acheter de quoi petit déjeuner. Nous y trouvons du jus d'orange pressé minute, des bananes (évidemment) et des trucs ressemblant à des brioches mais ayant plutôt goût à un mélange de pain de mie et de biscote... Nous retournons à notre hôtel, Winston nous y attend. Les affaires sont vite faites, nous n'avons pas grand chose, puis nous grimpons dans le moto taxi pour aller au port, à 300m! Après ce long voyage... nous montons dans une petite lancha, sorte de mixte archaïque entre péniche artisanale et bateau colonial, où Winston nous a réservé l'emplacement présidentiel (ou des gringos simplement): à l'étage sous un petit toit nous laissant une vue à 360 avec de l'air (indispensable, les conditions dans la grande salle s'apparentant à un bain marie). Nous allons donc pouvoir passer 10h dans un hamac ventilé, à l'ombre, en regardant défiler lentement la forêt tropicale, lisant, écrivant des articles et siestant... l'apogée de la glande en définitive! Une fois installés et profitant des premiers bercements, Winston nous informe que nous allons être rejoints pour l'excursion par deux italiennes. Nous lui avions répondu la veille que nous acceptions d'être accompagnés si c'était des personnes sympa... nous faisons brièvement connaissance et nous nous affairons ensuite à nos (in)activités.
Nous arrivons en début de soirée après une paisible journée de croisière, notre guide Klever nous attend à la sortie du bateau avec deux moto taxi. Nous partons poser nos affaires chez lui, c'est déjà plutôt roots: toilettes cabanon jardin, douche eau du puits bassine, sommier bois matelas mousse... ça annonce la couleur! Nous allons passer la nuit ici et débuter l'expédition demain matin. Mais avant cela, nous allons "visiter" la plaza de armas toute neuve (Klever en est tout fier) et dîner un succulent poulet grillé / frites froides / bière. On sourit intérieurement... nos 2 compagnes ayant répété plusieurs fois depuis le matin qu'elles ne mangent pas de viande (mais du poisson pas de problème... allez comprendre). Nous faisons connaissance avec les 2 demoiselles fraîchement sorties d'école et réalisant un bénévolat dans une ONG au Pérou sur des projets d'écoles. Elles nous expliquent leurs craintes de manquer leur avion à Iquitos qui est 2j après le nôtre... nous leur disons qu'il faut simplement croire ce que Winston et Klever leur ont déjà dit, il y aura un bateau le jour indiqué qui durera le temps prévu. Mais pour cela il faut faire un peu confiance, ce qui pour une raison inconnue ne semble pas être le cas. Quoiqu'il en soit nous faisons bien comprendre que nous ne ferons pas un jour de moins pour ces raisons infondées, ce qu'elles ont déjà demandé à plusieurs reprises sans nous consulter.
Le voyage nous ayant épuisé (sic) nous allons nous cacher sous notre grande moustiquaire et sur notre banc de nuit, les moustiques sont nombreux et agressifs, ça promet!
Après une nuit reposante bien qu'un peu inconfortable, nous prenons un petit déjeuner sympa en terrasse (salade de fruits frais, sandwiches tomate oignon oeuf...) et faisons une nouvelle cure d'amincissement à notre paquetage: fini de rigoler maintenant, une paire de t-shirts, quelques sous-vêtements, une serviette et un savon... le tout rentre dans le petit sac à dos de Julien et le sac à main de Julie. Nous enfilons nos bottes de pêcheur (pas besoin d'amener de chaussures, Klever nous explique que nous allons patauger dans de l'eau ou de la boue pendant 5j) et nous sommes fin prêts! Bien qu'elles nous aient dit n'avoir que peu d'affaires, les italiennes passent 2 plombes à préparer leur sac... nous les attendons 10 min devant la porte puis Klever nous jette dans un moto taxi qui nous amène au port, là nous attendons 30 minutes de plus... bizarrement nous sommes devenus plutôt ponctuels pendant ce voyage, ce qui est vraiment nouveau pour Julien, en revanche il faudra refaire un autre voyage pour devenir patients! Heureusement un petit événement va égayer ce petit moment, Julie aperçoit un dauphin d'eau douce rose qui sort la tête de l'eau à 20m en regardant dans notre direction avant de replonger et disparaître dans le fleuve marron, derrière notre barque où se trouvent le 2e guide et son fils.
Ils arrivent enfin, nous chargeons rapidement le reste des affaires à bord et nous asseyons tous les 4 en quinconce sur les matelas installés. C'est pas super confortable mais on fera avec. Et c'est parti, le petit moteur est démarré et nous filons en direction de notre premier spot. Une paire d'heures plus tard, nous arrivons au point d'entrée du "sentier" nous conduisant au plus vieil arbre de la région connu par Klever. Les bottes s'avèrent immédiatement utiles... nous pataugeons gaiement dans la boue et dans des marres, jusqu'aux genoux souvent et donc au dessus des bottes! Plouf plouf à chaque pas, bonne ambiance ;) En chemin Klever s'arrête régulièrement pour nous parler des vertus médicinales de moultes résines d'arbres et de plantes dont nous tairons les noms, pas pour les garder secrets mais simplement parce qu'il nous est impossible de nous en souvenir! Nous passons même aux pieds d'un arbre à caoutchouc, la résine une fois frottée sur les doigts se transforme instantanément et presque par magie en caoutchouc blanc élastique, génial. Après avoir traversé de nombreux marais en équilibre sur des troncs immergés nous arrivons à destination, l'arbre géant. Nos boulets italiens se sont encore faits remarquer: pertes d'équilibre et glissades dans la boue le tout accompagné de cris et de bavardages incessants, pour la balade discrète et l'observation de vie sauvage ça sera pour une prochaine fois... vous l'aurez compris, nous regrettons déjà d'avoir accepté qu'il y ait d'autres personnes que nous dans cette excursion, encore un excès d'humanisme probablement ;) Non sans rire, on a été bêtes... il faut partir dans ce genre d'excursions avec des personnes déjà connues uniquement, pour ne pas découvrir trop tard qu'on n'a pas les mêmes objectifs ni simplement la même façon de voyager ou de penser... si on rajoute à cela que, il faut l'avouer, nous sommes fatigués du comportement systématiquement irrespectueux (envers les locaux et les autres touristes) de nombreux touristes de tous horizons et de tous âges (mention spéciale toutefois aux adulescents occidentaux venus pour de l'humanitaire ou pas, qui ne se conduiraient jamais comme ils le font chez eux mais qui, en l'absence de leur mère finançant leur voyage, donnent une image déplorable de l'éducation occidentale), nous craignons fortement qu'elles nous gâchent le plaisir de cette chouette aventure. Voilà pour le coup de gueule des vieux, ça devait être fait. Ah oui en parlant de vieux, tout le monde ici vouvoie notre guide en le nommant "Don Klever" ce qui est signe de respect, à l'exception de nos 2 italiennes parlant très bien espagnol et le tutoyant en lui demandant régulièrement des choses sèchement sans même un "por favor"... il y aura pas mal d'autres faits agaçants mais nous en resterons là dans cet article, vous savez un peu désormais ce qu'on en pense.
L'arbre géant donc... il mérite vraiment son nom, nous ne parvenons même pas à le prendre en photo tellement nous manquons de recul. Selon Klever, il aurait plusieurs milliers d'années, ce qui nous paraît bien possible. De retour au bateau le 2e guide nous a construit une table et des bancs à grands coups de machette et a même eu le temps de cuisiner, trop fort! Nous mangeons du riz et du poisson puis nous nous remettons en selle. Après quelques coups de pagaie (pas de moteur pour ne pas effrayer les animaux) nous arrivons au lieu de campement: rien ou presque! Le temps de cligner des yeux, Enrico dresse 2 grandes tentes et prépare le feu, vraiment très fort et heureusement, il commence déjà à pleuvoir.
Les moustiques sont très présents et super agressifs, ils piquent même à travers les vêtements ces engins... nous installons donc tout de suite matelas (ceux du bateau) et moustiquaires abrités par la grande bâche, puis armés de nos machines à tuer en osier nous allons nous réfugier. Malgré la pluie il fait toujours chaud et l'humidité nous rend pegous (collants). Nous allons nous rafraîchir rapidement avec une petite baignade dans le río marron, Klever nous a promis qu'il n'y a aucun risque... 5 minutes après notre baignade le gamin s'installe pour pêcher et sort rapidement un petit piranha, la preuve qu'ils n'attaquent pas les humains est ainsi faite ;)
La pluie commence ne s'arrête pas, la sortie prévue de nuit est donc annulée, nous irons voir les tarantules géantes demain. Nous restons dans la moustiquaire et on se fait servir dans la tente, la classe... nous irions bien rejoindre les guides pour discuter mais les moustiques sont un harcèlement incessant! Nous dégustons ainsi bananes frites, riz, poisson et galettes frites oeuf farine, avec une tisane en guise d'eau (c'est mieux quand elle est bouillie). Nous nous mettons vite au lit, la nuit est tombée tôt et dans le noir nous ne tardons pas à avoir sommeil. Le matelas est décidément très fin, mais le sol étant plutôt mou, c'est pas si pire... ça fait au moins une semaine qu'on n'a pas dormi par terre, ça va! ;)
Au réveil, la pluie est toujours là et Klever nous sert le petit déjeuner sous la moustiquaire. Il nous explique qu'avec la pluie les moustiques redoublent d'énergie et qu'il est donc difficile de manger dehors... génial. Après avoir mangé, la pluie se calme peu à peu, nous sortons de notre tente de fortune et partons en excursion sur notre barque. Le campement reste en place car ce soir nous dormirons au même endroit. Le problème avec la pluie c'est que tous les animaux s'abritent aussi, du coup la jungle est plutôt calme ce matin. Elle finit par s'arrêter et la vie reprend doucement le dessus. Nous nous arrêtons sous des grands arbres pour pêcher un petit peu, nous observons quelques oiseaux et quelques branches qui s'agitent sous les sauts des singes... puis nous rentrons déjeuner au campement, dehors et armés de notre machine à tuer en osier afin de vaincre les moustiques... c'est un peu peine perdue, nous leur servons de déjeuner!
Le repas vite englouti nous ré embarquons. Nous passons beaucoup de temps sur notre barque peu confortable mais les journées passent vite. Comme quoi la pêche aux piranhas et aux moustiques ça occupe bien. La nuit est déjà proche et nous partons cette fois à la chasse aux photos de tarentules! Sur le chemin nous nous arrêtons à la "discothèque naturelle", un grand lac de nénuphars envahi de lucioles qui font stroboscope... c'est très beau et très calme. C'est notre première balade de nuit dans la jungle, l'atmosphère est étrange: ça fait un peu peur quand même! Nous pagaillons encore un peu et allons jusqu'aux pieds de l'arbre à tarentules. Il s'agit d'un très grand arbre qui dans son tronc contient un gros nid d'araignées. De nuit les tarentules sortent se promener et manger sur le tronc. Alors oui oui nous confirmons, une tarentule c'est gros et très poilu! Un peu comme Julien en somme :) sur ce il est 21h et nous rentrons nous coucher épuisés.
Au matin, nous sommes réveillés par le doux bruit de la machette... c'est normal Enrico nous fabrique une nouvelle table pour le petit déjeuner. Et oui ce matin est ensoleillé, du coup c'est petit déjeuner en terrasse!
Aujourd'hui nous déménageons, finis les bains dans le Rio marron, nous navigons en direction du río negro. Mais avant cela nous plions rapidement le campement et posons à nouveau nos fesses dans la pirogue pour 3 petites heures de navigation... L'intersection entre le río marron et le río negro créé un subtil mélange de couleurs, une sorte de grand café au lait géant s'étendant sur plusieurs kilomètres.
Klever a décidé que nous allions dormir une nuit dans une communauté à l'intersection des 2 río. Ça n'est pas dans ses habitudes mais les transalpines ont demandé à avoir plus de confort... nous accostons à proximité de la maison du chef de la communauté et Klever va demander l'autorisation d'hébergement. Après quelques minutes de discussions et après avoir payé le droit d'entrée, c'est validé et nous débarquons notre bazar... mais c'est peine perdue, l'Italie demeure insatisfaite: il n'y a pas de salle de bain en marbre de car rare c'est raté, c'est plutôt toilettes en feuilles de bananier et bain dans le rio negro! ;)
Julien pêche avec le petit garçon, enfin il essaye... alors que le petit en est à son 5 ou 6ème poisson, Julien a bien du mal! Il a pêché une sardine, qui s'est échappée avant même que nous ayons le temps de prendre une photo... Après cette session de pêche sportive nous allons à "la douche". C'est presque confortable, depuis un petit ponton aménagé, nous sautons dans le Rio negro et sortons propre comme des sous neufs, nous avons même utilisé du savon! Nous déjeunons rico (galette frite et spaghettis) et partons nous mettre en place pour la chasse au crocodile du soir...
Après plusieurs heures de barque avec et sans moteur nous nous arrêtons enfin. Klever nous explique que nous allons attendre là que la nuit tombe. Nous papotons à voix basse et mangeons quelques galettes salées en guise de dîner... c'est parti, attention les croco on arrive! Enrico prend les choses en main, c'est lui le spécialiste. Tandis que Klever pagaie délicatement à l'arrière de la pirogue, Enrico est à l'avant, armé de sa lampe torche il cherche les yeux luisants des crocodiles... le temps passe, nous avançons, mais rien, même pas quelques yeux jaunes au loin... nous regagnons la communauté sans un mot, tous déçus de ne pas avoir vu ce que nous cherchions. Calmement nous montons nos moustiquaires et nous nous couchons. Nous avions remarqué le matin à notre arrivée que la maison dans laquelle nous sommes installés a un téléphone. Alors que nous sommes tous sur le point de dormir, le téléphone se met à sonner fort. La dame de la maison décroche, c'est une communication pour une autre dame du village qui est couchée 3 maisons plus loin, du coup il faut aller la chercher... il s'agit bien sûr d'un téléphone sans fil comme vous l'imaginez... nous avons donc tous profité de la prise de nouvelles familiale de minuit... drôle de sketch!
Au réveil, alors que nous déjeunons, le chef de la communauté vient nous saluer et nous amène visiter la toute nouvelle école de la communauté (elle même toute neuve, la précédente ayant été emportée par le fleuve). Tellement neuve cette école qu'elle n'est pas encore en service et même pas inaugurée! Fièrement, la première chose qu'il nous montre c'est les vraies toilettes, reliées au très beau Rio negro qui sert de salle de bain à tout le village! ;)
De retour à notre petite maison de bois, nous plions doucement bagage et remontons dans la barque pour nous enfoncer encore plus loin dans la jungle. Les dauphins roses curieux nous accompagnent un petit moment mais un peu timides, ils gardent leur distance.
Nous nous dirigeons vers la maison d'un ami de Klever. Après quelques heures de barque supplémentaires (nos fesses commencent à être tannées, mais heureusement elles sont entraînées suite aux longues heures de bus de ces derniers mois) nous débarquons enfin. Les amis ne sont pas là, c'est pas grave Klever connaît bien la maison et nous installons tranquillement notre moustiquaire et nos matelas pendant qu'il commence à faire à manger. La dame de la maison arrive, puis son mari et un copain... nous faisons connaissance en mangeant. Après le déjeuner nous partons gambader un peu dans la jungle, c'est l'heure de la chasse aux fourmis géantes (les fameuses dont on compare la piqûre à une balle de fusil) dans le gigantesque jardin de nos hôtes. A oui petit détail, l'homme de la maison nous a raconté l'attaque de son chien par un jaguar la semaine précédente... tout ça est très normal dit-il car ils vivent sur son territoire de chasse... Génial. Enfin, bref, alors que nous observons les immenses fourmis nous nous faisons surprendre par une pluie torrentielle, nous rentrons vite nous mettre à l'abri! Là pluie nous empêche une fois encore de partir le soir... à nouveau pour la chasse aux crocodiles... Déçus de la veille nous voulons tous retenter notre chance et Klever nous propose une solution: couchons nous tôt et partons avant le lever du jour pour chercher quelques crocos demain matin... Oh oui bonne idée, mais c'est quelle heure tôt? 3h du matin! OK un petit repas rapide et un peu gras puis tout le monde au dodo!
Klever nous sort du lit comme annoncé à 3h du matin et nous nous habillons rapidement. L'une des italiennes vomit nonchalamment et ne se sentant pas bien repart se coucher... évidemment tout ça prend beaucoup de temps et alors que nous sommes installés dans la barque, l'autre italienne tergiverse pour savoir si elle nous accompagne ou si elle reste pour s'occuper de sa copine... nous partons, sans elle, mais après changement d'idée, du bord elle nous rappelle pour finalement venir avec nous...
Ce sketch de 30 minutes enfin terminé, nous partons. Julien ne se sent pas bien non plus, alors que nous atteignons le petit río à crocodile il vomit par dessus bord... ça fait de l'appât diront certains, mais ça commence à sentir le roussi... 2 malades sur 4 gringos!
Un instant après nous nous approchons d'un bébé crocodile, vraiment de très près. Enrico est à deux doigts de nous l'attraper mais il plonge et disparaît! Quelques minutes plus tard nous apercevons les yeux lumineux d'un autre... un peu trop loin pour tenter quoi que ce soit... ça sera tout pour cette dernière session.
Nous rentrons tranquillement, le jour pointe son nez. Julie commence elle aussi à se sentir mal et après avoir dormi une petite heure dans la tente, elle vomit à son tour... 3 malades sur 4! La cuisine de Klever est bonne mais riche en huile, associée à la chaleur et à la forte humidité ça a raison de nos estomacs de fruitos...
Après un petit brin de toilette nous commençons tous à nous sentir mieux, Julien fête ça en mangeant un escargot géant bien baveux provenant de la jungle (seulement la 2eme personne de la longue carrière de Klever à avoir goûté...). Julie ne se laisse tenter que par le thé médicinal préparé par Klever... Et heureusement car quelques minutes après l'avoir bu elle vomit à nouveau. Super! même l'eau ne passe pas, les 6h de barque pour rentrer à Lagunas vont être très longues...
Pour cet ultime trajet en pirogue, il n'est plus du tout question de pluie: le soleil tape fort, ça a l'avantage de faire sécher nos affaires bien humides, cependant nous cuisons comme des patates dans une friteuse. Julie n'arrive toujours pas à garder l'eau qu'elle ingurgite, du coup elle passe une bonne partie du voyage la tête par dessus bord (et l'autre partie à tenter des siestes).
En milieu d'après midi nous arrivons enfin à Lagunas, ravis, exténués et impatients de prendre.... une bonne douche dans la salle de bain extérieure de Klever! Pendant que l'Italie fait des réclamations à notre bien trop gentil guide, nous nous rėinstallons dans notre petite chambre, prenons une bonne douche, enfillons des vêtements propres et prenons un peu de repos.
Avant le dîner, nous passons un moment sympathique avec Klever (étrangement plus détendu quand nos 2 amies ne sont pas là) puis partons tous les 3 réserver notre bateau pour le lendemain (bonne nouvelle le départ est à 5h du matin :( ) puis dînons et rentrons. De retour à la maison, Enrico nous attend, entouré de toute sa petite famille. C'est sympa, il est venu nous saluer avant notre départ. Après une séance photo et un debrief sur notre excursion, au dodo! Toute cette aventure a été bien éprouvante quand même!
4h30 du matin arrive bien trop vite, mais en même temps c'est dimanche et on aime se lever tôt tous les dimanches ces derniers mois! C'est parti pour 24h de bateau... inutile de préciser que nous avons installé nos hamacs le plus loin possible des Alpes ;)
Après avoir salué et remercié chaleureusement Klever qui nous a accompagné à l'intérieur, nous nous installons pour un repos bien mérité : sieste, lecture, séries... nous sympatisons avec 3 français installés à proximité et devorons les mangues délicieuses vendues par un voisin de hamac.
Les 24h passent vite au rythme paisible de la grosse lancha, nous débarquons le lundi matin à Nauta en compagnie d'Antoine et sautons dans un moto taxi puis dans un combi direction Iquitos. 1h30 plus tard (12h si nous l'avions fait en bateau), nous sommes dans notre chambre avec salle de bain privée (douche froide, même pas grave!).
Nous avons 2 jours à patienter avant notre avion qui va nous ramener à Tarapoto, (la ville où tous nos bagages nous attendent): 2 jours de farniente, de sieste, de gros dodos, de longues douches froides et de dégustation de mangues arrosées de yaourt nature!
Il faut dire que bien qu'Iquitos soit la plus grosse ville au monde non accessible par la route, les activités possibles ne sont pas très nombreuses : le marché parfois flottant de Belem, la maison de fer de Gustave Eiffel et puis c'est tout! C'est pourtant une vraie grosse ville avec des routes, des voitures, des maisons, des immeubles... Mais c'est pas bien grave, nous avons besoin de repos. Pour ceux qui viendraient dans ce coin, sachez qu'il n'est pas vraiment nécessaire d'aller jusqu'à Iquitos si vous faites une excursion à Lagunas, rentrez directement à Yurimaguas vous gagnerez un peu d'argent et beaucoup de temps ;)
Le mercredi 26 février arrive vite, nous prenons notre avion et attaquons notre grand trajet qui va nous conduire en Equateur. Le Pérou c'est bouclé...
A plus dans le bus!
(et là on peut le dire parce qu'on va en faire du bus!)
Julie(n)
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RépondreSupprimerKleveroliver.saldanavargas@facebook.com
Bonjour,
RépondreSupprimerJ'ai l'intention de passer 2 semaines dans le sud du Pérou pour faire "les classiques". Mais avant j'ai envie de faire la jungle au nord. J'hésite entre 2 solutions :
Solution 1 : 2 jours dans la réserve Pacaya Samiria près de Lagunas puis 3 jours de bateau pour aller à Iquitos, rester 2 jours à Iquitos puis reprendre l'avion pour aller a Arequipa via Lima.
Solution 2 : 4 ou 5 jours dans la réserve de Lagunas sans aller à Iquitos puis direction Arequipa via Lima en avion.
En fait quand on doit faire un choix est ce que Iquitos est incontournable ou presque ?
Petit détail : Je ne parle pas espagnol mais je compte apprendre quelques phrases
Merci d'avance pour vos réponses
Bonjour Laurent,
RépondreSupprimerIquitos... pour le principe de voir une grande ville inaccessible par la route, c'est intéressant. Mais sinon je n'en garde pas un souvenir exceptionnel. Ce trip consomme beaucoup de temps et d'énergie (les transferts en bateau, lancha, sont longs et fatigants) => donc je dirais que vu le temps que vous avez, il faut minimiser les temps de transfert. A vérifier, mais se passer d'Iquitos est peut-être une bonne option.
Pour l'espagnol, ca sera forcément une contrainte, mais ils parlent lentement et clairement au pérou, vous vous en sortirez facilement :)
Ca fait plaisir d'avoir un lecteur de notre vieux blog. J'espère qu'il vous a aidé :)